21.12.2011
LES PERTURBATEURS ENDOCRINIENS SÈMENT LE TROUBLE SUR L'AVENIR DE L'HOMME ...
... LA FÉMINISATION DES ESPÈCES S'APPLIQUANT AUSSI À L'ESPÈCE HUMAINE

" Ce n'est pas la dose qui fait le poison. Les effets sont plus forts à faible dose, ils sont différés dans le temps et sont transgénérationnels ". "Il y a, en outre, des effets-cocktails. »
André Cicolella
Chercheur français en santé environnementale, spécialiste de l’ évaluation des risques sanitaires
Des biberons au goût amer, des déodorants aux effluves de chimiothérapie, des conserves sexistes aux vertus stérilisantes, des meubles tendance tumeurs, des canettes aux relents de malformations foetales, des cosmétiques aux soins palliatifs...Les perturbateurs endocriniens* ont envahi tous nos intérieurs.
Ces molécules sont partout dans notre univers domestique : les boîtes de conserve, les plastiques, les emballages, la nourriture, les produits ménagers, les composants informatiques, les cosmétiques....C'est bien simple, nous sommes cernés. Tout le monde est exposé, difficile voir impossible de leur échapper, et toutes les études indépendantes indiquent la corrélation directe entre ces substances chimiques et nombre de maladies chroniques, comme le diabète ou le cancer.
D’une manière générale, les cinq catégories de substances chimiques étudiées (le BPA, les phtalates, les composés polybromés, perflurorés et les parabènes) sont toutes dangereuses, mais ne sont pas considérées comme telles, alors que les risques sont nombreux : cancers (du sein, de la prostate,...), malformations génitales, diminution de la performance de la reproduction, abaissement de l’âge de la puberté, surtout chez les filles, diabète, obésité, troubles du comportement (hyperactivité). D’après André Cicolella un consensus scientifique semble s’établir concernant l’impact sanitaire du bisphénol A (BPA) après exposition à faible dose pendant la gestation.
http://reseau-environnement-sante.fr/wp-content/uploads/2011/12/veille_BPA_juil-sept-2011.pdf
« Si vous mangez une boîte de raviolis et de fruits par jour, vous avez pratiquement déjà atteint la dose qui induit des effets sur les animaux." "Une dose journalière deux millions de fois trop élevée »
La dose journalière admissible (DJA) pour le Bisphénol A – c'est-à-dire la dose que l'on peut absorber sans danger pour notre santé, fixée par les autorités sanitaires à 50 mg par kilo de poids corporel –, est « deux millions de fois trop élevée » pour André Cicolella.
"Les deux derniers rapports publiés en septembre 2011, l’un sur les effets sanitaires l’autre sur les usages du BPA, vont plus loin que les précédents. « Ce travail met en évidence des effets sanitaires, avérés chez l’animal et suspectés chez l’homme, même à de faibles niveaux d’exposition », écrit l’Anses* dans son communiqué. Elle considère « disposer de suffisamment d’éléments scientifiques pour identifier d’ores et déjà comme prioritaire la prévention des expositions des populations les plus sensibles que sont les nourrissons, les jeunes enfants, ainsi que les femmes enceintes et allaitantes ». (...) Elément important, l’Anses reconnait que les effets du bisphénol A mis en évidence par les études se produisent à « des doses notablement inférieures aux doses de référence utilisées à des fins règlementaires ». En clair, il ne suffit plus de se référer aux doses journalières tolérables (DJT) définies par l’agence sanitaire européenne et contre laquelle se battent nombre de toxicologues".
L’interdiction du bisphénol A dans tous les contenants alimentaires a été votée à l’unanimité par l’Assemblée le 12 octobre 2011. Cette mesure sera donc effective en 2014 et dès 2013 en ce qui concerne les contenants destinés aux enfants de moins de 3 ans. "Les suspicions sur le degré d’écotoxicité du bisphénol chez l’homme datent du milieu des années 2000 aux États-Unis où plusieurs chercheurs ont prouvé que l’ingestion de cette substance à petites doses induisait des cancers de la prostate ou du sein. Mais la première attaque contre le don d’ubiquité du BPA a été portée sur les biberons plastiques. « Le Canada a été le premier pays à les interdire », rappelle Dominique Belpomme, « après que les études américaines ont montré que plus l’exposition se fait tôt, autrement dit au stade fœtal, plus un cancer à des risques d’apparaître plus tard ». En France, après un travail de lobbying actif mené par le Réseau environnement santé durant l’examen de la loi Grenelle 2, l’Assemblée nationale a voté en juin 2010 à la quasi-unanimité un texte bannissant les biberons contenant du BPA. Une première étape, car, rapports alarmistes de l’Anses à l’appui, les parlementaires ont voulu aller plus loin, sous l’impulsion de Gérard Bapt, député PS de Haute-Garonne." (EstRepublicain.fr).
Mais pour Patrick Lévy, médecin-conseil auprès de l’Union des industries chimiques (UIC), ce délai d'interdiction du bisphénol A est irréaliste : "On ne sait pas, aujourd’hui, fabriquer de résines sans BPA qui satisfassent aux exigences de protection et de conservation des aliments. Les formules avec bisphénol ont l’immense avantage d’être efficaces dans n’importe quelle boîte conserve ou canette. Si on les remplace par des substituts, il faudra probablement mettre au point différentes formules adaptées à chaque aliment, en fonction notamment du pH. Les essais montrent que quand vous avez des produits acides - du coca ou des tomates en conserve par exemple - les résines sans BPA ne sont pas aussi résistantes à la corrosion que celles qui en contiennent. Il s’ensuit des risques de dégradation des aliments, de perte des qualités gustatives, voire de prolifération microbienne."
La parole des industries alimentaires sur l'inocuité du bisphénol A rappelle étrangement celle des secteurs de la construction concernant l'amiante Le président de l’Association nationale des industries alimentaires (Ania), Jean-René Buisson, déclare sans ambage « qu’il n’y a pas de problème sur le bisphénol aux doses où il est utilisé. »
Et encore faudra-t-il s’assurer de l’innocuité des produits de substitution : Pour Olivier Jardé (Nouveau Centre), dont le groupe avait milité en vain il y a quelques mois pour la suppression des phtalates, parabens et arkylphénols, s’"il faut se méfier de ce produit", il faut surtout ne "pas le remplacer par une molécule plus toxique", cite l’AFP. Un point essentiel sur lequel a également insisté le député UMP Paul Jeanneteau qui a jugé "fondamental de s’assurer de l’innocuité des produits de substitution". Pour cela, un rapport d’étape sur les substituts au bisphénol A et leur innocuité notamment devrait être transmis au Parlement au plus tard le 31 octobre 2012, d’après Xavier Bertrand. (MaxiSciences) Dominique Belpomme (cancérologue et président de l’ARTAC, Associationpourla Recherche Thérapeutique Anti-Cancéreuse) : « Le bisphénol A a des remplaçants ; encore faut-il qu’on les teste, en termes de toxicité, avant de les mettre sur le marché. Ce qui n’est toujours pas le cas aujourd’hui. Nous mettons sur la marché des produits dont on n’a jamais testé la toxicité... »

Et si vous en redemandez, vous avez aussi entre autres choses: les lentilles franchement pas claires, les produits informatiques qui feront bugger l'humanité, les bouteilles qui ne vous mettront pas qu'un coup dans l'aile,...
En effet, il y a beaucoup d’autres perturbateurs endocriniens (Phtalates, Agents ignifuges bromés « PBDE »...) utilisés dans des produits qui nous entourent, mais il faut bien reconnaître que le BPA est partout dans la fabrication de polycarbonate (CD, DVD, lentilles de contact et verres de lunettes, vaisselle en plastique, emballages alimentaires, bouteilles, petits appareils électroménagers, résines médicales, articles pour l’automobile, produits informatiques et électroniques…) et de résines (Résines époxy, vinylesters, polyester, phénoplastes : linoléum, revêtements de sol en plastique, emballage alimentaire, citernes, tubes, tuyaux, colles, mastic, encres, peinture, vernis, émail, fibre de verre, bateaux, papier thermique (machines à CB)....
Si impossible semble français en matière de sortie de ces perturbateurs endocriniens (PE), outre-Atlantique cela ne leur paraît pas la mer à boire, ni l'océan visiblement, là-bas de grandes firmes agroalimentaires commencent à remplacer ces substances chimiques nocives : Eden Foods [une firme pionnière dans la nourriture biologique, ndlr] le fait depuis avril 2009, et General Mills s’y met.
*Perturbateur endocrinien (Wikipédia) - extrait : La notion de perturbateur endocrinien (PE, aussi leurre hormonal, xéno-œstrogène, disrupteur endocrinien, etc.) est une notion apparue à la fin du XXe siècle pour désigner toute molécule ou agent chimique composé, xénobiotique ayant des propriétés hormono-mimétiques.
* L'Afssa, agence française de sécurité sanitaire des aliments, a fusionné il y a quelques mois avec l’Afsset, agence de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail, pour donner l’Anses, l’agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l'environnement et du travail.
Marie-Monique Robin avait enquêté sur le Bisphénol A dans le cadre de son livre et documentaireNotre poison quotidien. Deux chercheurs, Ana Soto et Carlos Sonnenschein expliquent leur découverte dans cet extrait vidéo :
[1]. « Effets sanitaires du Bisphénol A » - Rapport d’expertise collective – Septembre 2011 ANSES http://www.anses.fr/PN0801.htm
[2]. http://www.efsa.europa.eu/en/press/news/111201.htm
MAIS IL Y A PIRE:
LES PE NE PARTENT NI AU LAVAGE, NI AU GRATTAGE, NI AU RECYCLAGE
Leurs rejets polluants sinistrent toutes les espèces: ours polaires hermaphrodites, fibromes intra utérins chez les phoques gris, troubles comportementaux graves chez les oiseaux, amincissement de la coquille des œufs et augmentation de la mortalité embryonnaire, micro-pénis chez les alligators de Floride, les dérèglements sexuels observés sur des gastéropodes des côtes française, pas mieux chez les plantes où le BPA désorganise la germination des pollens, quant aux écosystèmes naturels ils sont juste mis en péril par les PE.
Et l'homme dans tous ces PE (perturbateurs endocriniens? Et bien bonne nouvelle, nous ferons peut-être partie un jour des espèces en voie d'extinction:
plus les mères sont imprégnées en BPA, plus une féminisation croissante des jeunes garçons est mesurée à la naissance par la réduction de la distance ano-génitale, plus le développement mammaire est précoce chez des petites filles de 6 ans avec des règles apparaissant même à 5 ans! Nous savons que les PCB, DDT, dioxines, furanes, et autres PE interviennent à tous les stages du développement.
COLLOQUE Perturbateurs Endocriniens et Biodiversité: compte-rendu_colloque280411.pdf

http://www.asleman.org/publications/lemaniques/062.pdf


Dans le communiqué du RéSEAU ENVIRONNEMENT SANTE du 2 décembre 2011: L’EFSA persiste et signe son discrédit concernant le bisphénol A!
L’ANSES avait accompli son aggiornamento en reconnaissant les effets des faibles doses de BPA dans son rapport du 27 septembre [1], une vraie révolution dans le monde de l’évaluation des risques qui avait reçu une attention planétaire. La confrontation avec l’Agence européenne de sécurité alimentaire (EFSA) était très attendue. Dans son communiqué et les rapports publiés hier sur son site [2], celle-ci continue de nier la réalité écrasante des données scientifiques, émanant pourtant de plus de 600 études.
La veille scientifique menée par le RES depuis Mai 2009 met en évidence que sur 193 études publiées, 96% montrent des effets. Une bonne partie des études expérimentales chez l’animal (31 sur 118) surviennent à des doses inférieures à la DJA de 50 microgrammes /kilo/jour défendue par l’EFSA. Les études chez l’homme sont au nombre de 69 dont 67 sont positives. Le nombre continue d’augmenter rapidement. Rien que sur la période octobre-novembre 2011, 4 études épidémiologiques ont été publiées sur des pathologies majeures qui avaient été par ailleurs mises en évidence chez l’animal depuis plusieurs années :
Obésité-diabète : Une étude chinoise montre un taux d’obésité et de diabète lié au degré d’imprégnation en BPA. Une étude américaine retrouve cet effet, bien que de façon moins nette cependant.
Troubles du comportement : Une étude américaine montre que l’exposition maternelle pendant la grossesse se traduit par des comportements agressifs chez les filles de 3 ans.
Reproduction : Une étude chinoise en milieu professionnel montre que plus les mères sont imprégnées en BPA, plus on constate une féminisation des jeunes garçons, mesurée à la naissance par la réduction de la distance ano-génitale.
Ces études confirment le changement de paradigme des perturbateurs endocriniens, à savoir que c’est « la période qui fait le poison » alors que l’EFSA s’accroche à l’ancien modèle selon lequel « c’est la dose qui fait le poison ». « L’ANSES a fait le choix de la toxicologie du 21e siècle, alors que l’EFSA en reste à la toxicologie des années 60 », résume André Cicolella. « En niant la réalité des données scientifiques, pour ne retenir que 2 études publiées par l’industrie chimique selon un protocole obsolète, l’EFSA se comporte comme une officine de l’industrie. 11 membres sur 20 du comité qui a statué sur le BPA sont en situation de conflits d’intérêts. »
Le RES appelle la Commission Européenne et le Parlement européen à intervenir d’urgence pour que l’EFSA retrouve un mode de fonctionnement en mesure de garantir la protection de la santé des Européens. « La position de l’EFSA s’inscrit également en négation des principes entérinés par l’article 57 de REACH de primauté de l’évitement du danger à la source pour la gestion du risque chimique : les perturbateurs endocriniens relèvent d’ores et déjà du principe de substitution et les ONG européennes continueront d’œuvrer à une clarification et un renforcement de ces dispositions » conclut Yannick Vicaire, en charge des questions européennes pour le RES.
Consultez les faits marquants de la veille juillet-septembre du RES : http://reseau-environnement-sante.fr/?p=3378
20:40 Publié dans Actualités- Médias - Communication, Actualités-Médias-canons de la beauté-Mode, Haute , Communication / Médias, Copenhague, Kyoto, Rio & Co, Crises / Catastrophes, Développement économique, Double langage ou la Différence entre Communicatio, Education, Enfance, Environnement, Ethique en Pub&Com, greenwashing,ethicalwashing & Ethique en communica, Nutrition / Sécurité alimentaire, Politique,Elections,Idées,Visions,partis,Humanité , Santé, Social / Médico-social | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : pe, perturbateurs endocriniens, cicolella, assemblée nationale, afssa, afsset, anses, bpa, robin, chercheurs, res, phtalates, composés polybromés, perflurorés, parabènes, uic, ania, patrick lévy, olivier jardé, afp, xavier bertrand, parlement, santé publique, artac, belpomme, cancer, diabète, toxicité, marché, espèces, biodiversité, consommation, humanité, eden foods, general mills, bio |
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